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Ancillary Justice

Ancillary Justice
Ancillary Sword
Ancillary Mercy
 

Ann Leckie

Billet issu d’un premier billet publié sur FaceBook en 2015.

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Ancillary Mercy vient clôre la trilogie démarrée avec Ancillary Justice et suivie par Ancillary Sword.
Nous y retrouvons l'univers si original du Raach imaginé par cette jeune auteure américaine.
Un monde sorti d’une imagination neuve et inspirée.
Un monde qui vous plongera dans un total dépaysement en dehors de tous clichés SF si fréquents aujourd'hui.
Le premier roman est exemplaire et devint dès sa sortie un classique en s’accaparant tous les prix anglo-saxons de Science-Fiction existants.
L’originalité de ce roman d’Ann Leckie tient à son héros dont on ne sait s’il est machine ou homme, s’il est unique ou multiple, s’il sert un tyran ou roule pour lui. Lui-même oscille entre ces différentes possibilités.
Quel que soit le talent du traducteur en charge de ce roman et quelle que soit la langue cible, ce sera difficile à traduire car l’univers d’un raffinement absolu et d’une horreur totale monté par Ann Leckie contient certaines facettes qui correspondent si idéalement à la culture anglo-saxonne qu’elle seront intraduisibles - Jai déjà eu un accrochage avec un traducteur sur ce sujet, il a le droit de ne pas partager mes opinions -.
Donc à lire en anglais de préférence mais à lire de toutes manières dès lors qu'une version est disponible à votre portée.
Au cours du premier roman, nous découvrons ce héros, à l'origine l'intelligence artificielle d'un croiseur militaire, bricolée sur le cerveau d’un ennemi vaincu et qui partage son esprit avec les centaines d’autres ancillaires à son service.
Les ancillaires sont des escalves prélevés sur les peuples vaincus  pour former les troupes du conquérant . Ils sont transformés en véritables guerriers robots. La vision ressemble un peu à celle du premier Riddick.
L’intrigue du premier tome est palpitante et je ne vais pas la spoiler mais il est possible d'aborder les problématiques SF très originales traitées par Ann Leckie.

L’homme est suffisamment dément pour déshumaniser ses semblables et les transformer en intelligences artificielles qui au passage perdent leur genre. En cas de désaccord entre ses créateurs, cette intelligence artificielle peut jouer sa propre carte et prendre parti dans le conflit de manière originale car elle n’est pas bloquée par des pensées ‘humanisantes’.

Le monde du Raach est tyrannique et multimillénaire, il est en apparence dominé par la cruauté et l’avidité humaine. Une poignée d'êtres s’y affrontent, occupés à se servir du thé et à se questionner sur leurs relations. Mais on découvre en progressant jusqu’au tome 3 que toute cette comédie humaine se déroule sous les yeux des Presgers, une race humanoïde qui sur-performe les humains par leur connaissance et leur maitrise de l’univers.

Les Presger sont très proches de la civilisation pan-galactique du très regretté Ian M Banks. Ils sont aussi le deus ex-machina du tome 3 par le truchement d'un traducteur. Entité spécialement fabriquée pour les contacts avec les humains à partir de morceaux assemblés de manière peu orthodoxes. L'être produire est suffisamment à notre image pour ne pas nous effrayer ... mais un peu quand même car il ne possède pas nos codes.

Ann Leckie manie dans son récit l'humour et la cruauté pour nous faire comprendre l'écart et la proximité entre les deux cultiures: le traducteur Presger va accompagner les acteurs du troisième tome dans leur aventure à travers les épreuves, réglant parfois des situations inextricables en deux mots, au détour de remarques ou d'actes qui sonnaient débiles deux secondes plus tôt.
La foudre divine dans les mains d'un demeuré notoire.
Il passe l'essentiel de son temps à découvrir ce que nous appelons la logique humaine et c'est l'occasion de remettre à plat certaines de nos idées, certains raisonnements si naturels que leur ridicule ne nous apparaît plus.

Ainsi, en marge de l'action principale menée tambour battant dans les deux premiers tome, monte ce contre-chant de la suite d'actions incohérentes et incompréhensibles d’une entité surpuissante qui nous semble agir comme un enfant.
Ses actions sont aussi étranges pour nous que le sont certainement nos propres actions 'humaines' aux yeux d'une tribu de primates.

Outre ce thème du contact avec des entités dont le pouvoir et l'intelligence nous dépassent, Ann poursuit sa très originale présentation d'un monde dans lequel les Intelligences Artificielles communiquent directement dans nos pensées et sont plus humaines que nous, ne serait-ce que parce qu'elles passent leur temps à chanter de vieilles chansons millénaires aux paroles légères.

Le dernier tome est tout aussi prenant que les deux premiers tout en présentant la résolution de nombre de ce que certain ont nommé 'incohérences' et qui s'étaient accumulées plus ou moins volontairement jusqu'à là.
Je regrette un peu ce mode ou tout fini bien (la porte est toutefois ouverte à une suite), n'étant pas un adepte des fins 'classiques' où tout fini trop bien comme dnas une production holliwoodienne, mais ce sera ma seule critique et je recommande vivement la lecture de cette trilogie dont le premier volume reste le joyau.

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