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  Après l’avoir cuisiné pendant trois bonnes heures, Pu-Y le laissa repartir avec le giga-portable, le superbar et la licence de vigile.
  Habituellement peu sensible à l'ozone parisien, Franz épuisé par ses dernières péripéties et ses va-et-vient incessants, s'essoufflait. Crevé, il rentra dans son cagibi et fonça dans le placard à douche. Le liquide chaud aux relents de pisse chlorée le régénéra. Avec délectation, il se balada à poil, goûtant au plaisir du studio individuel. Il se fit dissoudre un double bonbon au pétrole dans un verre d'eau potable et, lentement, il se rhabilla. Des images de blacks nues lui zébraient la tête et le corps. Il fit un effort pour s'installer devant le giga-portable.
  Franz introduisit la puce qu’il avait planquée dans sa chaussette. Cette fois, les instructions s'enchaînèrent harmonieusement sur l’écran en ellipse. Il peina juste quelques minutes pour trouver le mot de passe et craquer le logiciel. Dans son ego dévorant, le cadre sup-sup avait utilisé son propre nom:"WARLOCK".
  Apparemment, la puce n'était guère qu'un traitement de textes amélioré branché directement sur le cerveau du cadre. Une secrétaire particulière toujours prête à taper en temps réel les pensées des cadres d'Electroneurop. Très rétro !
  Le fichier de stockage apparut sur l'écran:
                 
            EN MEMOIRE:
    
            _ SERGUEI
            _ BLACKEVIL
            _ ALMA1
            _ ALMAEND
            _ TGVGABON
   
  Franz posa son index sur le fichier BLACKEVIL au nom évocateur. Un texte au style ampoulé caractéristique des traitements automatiques pour cadres sup-sup remplaça le répertoire. Cette puce jouait finalement le même rôle que celui des boîtes noires pour les navettes spatiales ou les suravions...
  BLACKEVIL était la confession de Warlock. Le cadre sup-sup avait fourni mentalement ses impressions au logiciel intégré. Le traitement de textes auto-rédactionnel avait immédiatement mis en forme la confession.
  Franz s'enfila un nouveau bonbon et entama avec difficulté la lecture du texte. Un texte d'une longueur épouvantable comme on n'en faisait plus depuis des années...
  Il lisait en remuant les lèvres :
  - La Ville est grise malgré le soleil d’acier fondu. Il n’y a pas un recoin d’espoir. Pas une seul pierre porteuse de joie. Un quartier est encore plus glauque que tous les autres. Dans ses rues, les néons éclaboussent d’une lumière bleutée des filles couleur café : le Quartier Bleu des putes noires. Elles sont là, quelles que soient les intempéries, jambes nues, offertes pour satisfaire les pulsions sexuelles des mâles. Bien qu’aucune loi ne régisse leur commerce, l’usage voulait, au début, en 2015, que leurs clients ne soient pas de race blanche. Trente ans plus tard, les routiers de l’Union Européenne, munis d’un fusil à pompe accrochés dans le dos, ou les cadres de la cité en quête d’émotions fortes sont légion dans la foule bigarrée du Père-Lachaise...

  Keller pesta contre ces connards de cadre sup-sup qui communiquaient entre eux à l’aide de l’écriture. C’était sûrement la nouvelle mode ringarde chez les dirigeants, leur nouveau signe distinctif : utiliser l’écrit pour se démarquer des mecs de la rue qui peinaient lorsqu’il fallait lire autre chose qu’un slogan publicitaire.
  Franz était un mec de la rue.
  Il se reprit un pétrole et poursuivit :
 
  “Warlock fait partie des blancs du Quartier. Ingénieur électronicien spécialisé dans les implants brochés pour le cerveau humain, il est associé par contrat de mariage à une belle blonde frigide aux yeux bleus, speakerine sur un canal francophone. Le couple associé possède un trois-pièces dans le Quartier Latin et un enfant-éprouvette élevé par le comité d’entreprise d’Electroneurop.
  Warlock est apparemment un technocrate banal. Il copule trois fois par semaine avec sa blonde, mais, quand, le soir, après le soulagement final, il grille un rouleau d’herbe derrière la baie vitrée de son appartement et qu’il contemple Paris, vaste ectoplasme de lumière grisâtre, il ne peut s’empêcher de regarder l’unique tache de néons bleus qui, au loin, telle une tumeur cancéreuse, lui lance des appels de mort. Alors. Il bande.
  Il bande et pourtant ce misérable réflexe biologique causera un jour prochain sa perte. Car, Warlock sait qu’il va bientôt retourner dans le Quartier maudit. Dans ce volume de gaz bleuté où elles l’attendent. Et cachée derrière elles, peut-être même en elles, l’Autre Chose l’attend. La Bête. Le Monstre. Le Tueur.
  Celui/Celle qui ne doit pas apparaître.
  Qui attend Warlock dans l’espace bleu de la Ville...
  Le cadre sup-sup a senti sa présence dès sa première excursion, il y a trois ans. Le temps passant, son emprise s’est raffermie et maintenant Warlock sait que l’Autre est sur le point de triompher.
  La toute première fois, il était allé dans le Quartier des Noires par curiosité perverse. Cela avait été un grand moment de sa vie : les rues étaient grouillantes de vies multicolores qui apparaissaient et disparaissaient à travers les volutes d’un brouillard bleu, l’odeur de cette foule était forte, chaude, légèrement nauséabonde mais provoquait une érection dure dans le pantalon de Warlock. Les noirs et les métis se souriaient entre eux avec tristesse mais les blancs, eux, étaient évités et considérés comme des pestiférés. Ils ne regardaient personne, personne ne les voyait. Quand deux blancs se croisaient, leurs regards s’accrochaient quelques instants. Une lueur s’agitait dans leurs yeux, sentiment de complicité mêlé à la honte d’être présents en ces lieux. Les blancs étaient presque tous armés, ils étaient nerveux et agressifs parce qu’ils ne pouvaient s’empêcher d’être là, attirés comme des mouches par la glue du sexe des noires. Et les hommes noirs devaient rire d’eux pensaient les blancs.
  Il y avait trente balles dans leur fusil à pompe et les êtres de couleur s’écartaient pour ne pas les énerver. Pourtant, parfois, il est vrai, certains les provoquaient et la mitraille trouait la foule du Quartier...
  La première black de Warlock était une grande aux longs cheveux tressés jusque sur les épaules, avec des yeux dorés de panthère, à la peau parfaitement marron et aux jambes gainées de bas jaune vif ; Noir-marron-jaune; elle était nue, musclée, semblait intelligente et parmi les plus propres. Warlock l’avait suivie car, dans son délire sexuel et mégalomane, il l’avait trouvée digne d’un cadre d’Electroneurop.
  Ce soir-là, il s’était promis de ne jamais déchoir avec des putes moins belles que celle-ci. De ne pas toucher aux grosses bon marché en minijupes simili cuir noir ou aux petites d’Africa-est qui avaient des allures de ouistitis.
  Par la suite, il avait aussi trempé son sexe dans l’antre ruisselant des grosses cheaps et des petites sautillantes...
  La première fois, Warlock ne se méfiait pas et l’Autre avait failli le surprendre.
  La fille possédait son cercueil particulier au vingt-neuvième étage d’un Morghôtel du Quartier. Avant d’ouvrir la porte du compartiment, elle lui demanda quelle position il voulait...
  - Car, une fois à l’intérieur, on ne peut plus se retourner !
  - À la chienne !
  La noire acquiesça, manœuvrant le levier du sas. Son cercueil avait trois mètres de profondeur pour une largeur d’un mètre et une hauteur d’un mètre soixante-dix. La porte elle-même faisait un mètre cinquante. Warlock se baissa et suivit la fille dans son couloir aménagé. Ses yeux étaient rivés sur les fesses brunes de la pute et les collants jaunes. Au bout du cercueil trônait un tabouret réservé aux positions spéciales. Le sol, une moquette épaisse mais très sale faisait fonction de lit. La noire se mit à genoux, les bras prenant appui sur le tabouret pour accentuer sa cambrure dans une levrette semi-debout. Sa tête était tournée en arrière, les yeux dorés dardant Warlock.
  “Je vais baiser une femme-panthère !” se répétait-il. Ils furent vite tous les deux accroupis, emboîtés l’un dans l’autre, l’un derrière l’autre, occupant complètement le volume du cercueil. “De la baise dans un boyau étroit !” pensait Warlock. Cette comparaison allait au-delà de l’apparence des deux êtres ainsi coincés dans la chambre-cercueil car, à l’intérieur même du corps de la fille, son vagin se resserrait sur le sexe du blanc, coulissant et l’emprisonnant comme une main aux paumes chaudes et moites empoignerait une barre d’acier chromé. Elle le regarda frémir de plaisir pendant toute la durée de l’acte. Il grimaçait de douleur et de jouissance essayant mais sans y parvenir de dissimuler ses affres aux yeux inquisiteurs de la fille.
  Le souvenir de cette tête de pute tournée en une inclinaison improbable au-dessus de son épaule gauche hante encore Warlock. Un moment, il constata que le va-et-vient de leurs corps était plus le résultat de la croupe de la fille qui lui pompait les testicules par le phallus que l’habituel mouvement de lime qu’il imprimait communément à sa femme-associée. Cette pute cherchait à lui faire juter son sperme et le vagin coulissait sur son membre de plus en plus vite afin que la semence monte et gicle.
  La semence montait. Warlock le sentait.
  Son esprit était survolté, surmené, surexcité, surfatigué. Il enregistra dans un état de semi-inconscience une mélopée qui s’élevait des murs du cercueil. Il semblait impossible d’en localiser la provenance. Pas de haut-parleurs visibles ! Un roulement de tam-tams à contre rythme de congas électroniques d’où surnageait une plainte basse et rauque comme une prière maléfique, une voix synthétisée...
  Les yeux de la fille le fixaient, durs, or, cruels. Elle regardait son cul marron et cette verge blanche qu’elle décalottait, recalottait à son rythme. Rapide. Une lueur démoniaque passa dans le vernis noir de ses pupilles : elle sentait que son mouvement de pompe était payant. Qu’elle allait bientôt en récolter le fruit. Warlock eut peur. Il comprit alors que cette fille ne cherchait pas seulement à éponger le plus vite possible un client ennuyeux. Mais plutôt qu’elle avait un besoin urgent de sa semence de blanc pour réaliser une chose beaucoup plus importante. Les premières gouttes de sperme, celles qui, translucides, ne contiennent pas encore une forte densité de spermatozoïdes, s’entassaient dans la base du gland et commençaient à mousser vers l’extérieur. L’avant-garde de la semence entrait en contact avec le tissu spongieux du vagin de la pute. Aussitôt le corps de celle-ci sursauta. Warlock qui tenait la croupe de la fille à deux mains eut l’impression que la peau douce de la noire devenait rugueuse par endroits. Des plaques chitineuses marbraient le derme du cul. Pour la première fois depuis le début de leur copulation, elle poussa de petits piaillements qui s’accordaient parfaitement avec le rythme des tam-tams.
  Un premier jet de sperme suinta dans sa matrice. Son visage, l’espace d’un instant, ressembla à celui d’une bête, un monstre issu de l’inconscient des blancs. Warlock hurla et s’arracha au vagin ventouse. Son sexe s’extirpa de la main moite avec un bruit de succion.
  Il était coincé dans la chambre cercueil, trop grand et trop déséquilibré pour pouvoir faire volte-face et s’enfuir. Le blanc attendait la suite de la métamorphose. Sa mort.
  Les quatre fers en l’air, son phallus dégonflé pendant misérablement, il vit la fille qui se retourna avec une agilité de fauve.
  La noire rit : “Cela est trop fort pour toi ! Tant pis... Tu as gaspillé ton temps. Trop tard pour reprendre.”
  Son visage était détendu et souriant. Sa peau avait retrouvé la texture douce et la couleur cacao du début. Le cadre d’Electroneurop savait pourtant qu’il n’avait pas été le sujet d’une hallucination. Les électroniciens de son niveau étaient doués d’une perception de la réalité sans failles. Cette fille avait été sur le point de se transformer en une chose abominable et la métamorphose serait allée à son terme si Warlock avait injecté toute sa semence...
  L’instinct de survie le retint de faire le moindre commentaire et c’est avec soulagement qu’il quitta, à moitié dépenaillé, la pute et son cercueil. Warlock s’était retrouvé en nage dans les couloirs aux tapis râpés du Morghôtel. Le dos appuyé contre un mur, il sentait son cœur qui palpitait irrégulièrement, un filet de sueur courait le long de son échine. La raie de ses fesses était humide de transpiration, quelques gouttes de sperme souillaient son slip.
  Il avait failli mourir !
  Malgré l’excitation et de lancinants rêves érotiques, il avait tenu deux mois sans retourner dans le Quartier aux lumières bleues. Puis il avait fini par replonger. Il avait cru un instant que la fille aux collants jaunes était une exception mais il avait vite déchanté. Elles étaient toutes prêtes à se transformer, à l’affût de la semence blanche. Warlock sentait que la bête était prête à surgir, tapie dans le corps de toutes ces filles. À chaque fois, le blanc s’arrêtait avant l’orgasme final, lors de l’apparition des plaques chitineuses. Il n’y avait qu’avec les putes noires brochées en lisière de la zone bleue que le risque était nul. Comme si les implants électroniques fabriqués par les ingénieurs blancs avaient la faculté de neutraliser le monstre. Mais les implantées n’intéressaient pas Warlock. Elles étaient, certes, meilleures techniciennes et plus à l’écoute des fantasmes du client que les “naturelles” mais pour Warlock, ce n’était plus réellement des blacks. Trop domestiquées par la société occidentale. Warlock était aussi écœuré par la présence des broches électroniques qui créaient des protubérances métalliques derrière leurs oreilles...
  Les autres blancs étaient-ils conscients du danger ?
  Un soir, après une séance mouvementée avec un ouistiti, il avait éclusé quelques verres de pétrole malté avec un routier. Warlock avait payé une bouteille au type, un petit chauve baraqué couvert de cicatrices au visage.
  - Tu décharges souvent avec les blacks ? avait demandé Warlock.
  L’autre l’avait regardé avec une lueur fanatique dans les yeux. Sa main droite tapotait le manche d’un poignard posé sur le comptoir et de l’index de la main gauche il a caressé voluptueusement la couture d’une cicatrice qui lui barrait le front.
  - Deux ou trois fois... Mais ça se paye... cher... très cher !
  Le routier avait éclusé deux verres sans ajouter un seul mot, très vite.
  Puis.
  - Après, c’est foutu ! L’engrenage... on ne peut plus s’en passer...
  Des blancs disparaissaient dans le Quartier Bleu, c'était indéniable. Mais Warlock ne pouvait savoir s’il s’agissait de crimes crapuleux ou raciaux... ou de la Chose ! Les copses n’intervenaient jamais dans cette partie de la Ville. Tout au plus quelques kamis énervés patrouillaient-ils dans les rues les moins étroites pour vérifier que les hommes de couleur ne portaient pas d’armes.
  Enfin, vint la nuit du grand soir.
  Warlock s’était procuré en fraude auprès d’employés des stocks d’Electroneurop deux grenades protoniques à action localisée (3,50m) et un derringer à grenaille chimique gonflé 10 bars. Il avait vidé ses testicules dans sa blonde aux yeux bleus. Celle-ci maintenant reposait nue, la peau hâlée aux UV, sur leur quatre places en soie grenat. Ses longs cheveux jaunes déroulés en spirale sur les draps créaient une peinture abstraite. Warlock la regarda, étranger à sa beauté, étranger à sa personnalité. Et vêtu d’une veste de combat mauve d’officier des troupes coloniales, il sortit dans la lumière grise de Paris.
  Dans quelques minutes, le tube le vomirait dans le Quartier des vénéneuses beautés blacks. À trois kilomètres de là, où l’espace est bleuté...
  L’avenue où se trouvent les stations de tubes du Quartier gérées par PARITUB est viciée par un air bleu où se tortillent des traînées de gaz noires. Les reliquats toxiques de deux grenades anti-émeutes tirées par un ninja trop zélé. Pour le duel final, Warlock a décidé de ne pas pénétrer trop profond dans le Quartier afin, dans le cas où son expérience tournerait favorablement, de pouvoir exhiber un cadavre de monstre à des kamis en patrouille. De plus, dans la périphérie, près de l’avenue de ceinture, les blacks astiquent dans des cellules et non pas dans les cercueils. L’attaque de Warlock aux protoniques courtes ne pouvait avoir lieu que dans ces mini-pièces ; leur explosion dans le boyau d’un cercueil aurait pulvérisé la fille et son client...
  Les blacks de la ceinture étaient surnommées “impalas” par les routiers. Comme ces animaux, elles étaient graciles, vives, rapides en besogne et possédaient un long visage au menton en avant. Warlock avait écouté une discussion dans un bar à blancs entre deux porteurs de fusil. Un gros au rire graveleux avait dit que les impalas avaient le même coup de reins que leur animal symbole quand il fuit dans la brousse. Les impalas étaient frêles et Warlock pensait que la Bête serait proportionnée avec la taille de la fille... Elle avait un tout petit cul rebondi avec une cambrure des reins extraordinaire. Quasiment à angle droit. Son regard était dénué de toute expression et elle semblait incapable de prononcer d’autres mots que ceux concernant le prix et les positions. Elle n’eut pas l’air étonné que Warlock ne se dévête pas, dégageant juste son sexe de son pantalon comme pour pisser. Bien sûr, il lui imposa de se mettre en levrette. Aussitôt la gigue commença. Elle semblait ne pas posséder de structure osseuse. Son corps était souple comme une figurine de latex, les jambes et les bras pouvant se tordre à volonté. Le fameux coup de reins des impalas entra alors en branle. Warlock avait l’impression qu’un tourbillon de chair et de lubrifiant prenait possession de sa verge tandis que les formidables mouvements du bassin lui arrachaient irrésistiblement sa semence. Il ne pourrait guère se retenir qu’une minute ou deux. Le combat était cette fois totalement inévitable. Dans ce déchaînement sexuel, sa main agrippa à grand peine la crosse du 10 bars logé dans la poche droite de sa veste. Les pans mauves du vêtement volaient autour de la croupe noire en perpétuelle agitation. Puis gicla le premier flot qui, dans un hurlement de la fille, provoqua l’apparition des plaques chitineuses. Elle se tourna vers lui comme l’avait fait quelques mois auparavant la panthère aux bas jaunes. Les yeux de l’impala étaient fendus de jaune, un museau de cuir noir exhalait un souffle rauque et fétide tandis que des crocs de bête déformaient une lèvre violacée.
  LES CROCS DE LA BÊTE.
  Un réseau de veinules violettes couraient sur la peau d’ébène et, là où cette lèpre apparaissait, très vite, le derme cédait la place à une carapace animale. Warlock voulut se retirer, mais le vagin de la noire devenu un véritable étau d’acier se referma sur sa verge tandis que les grandes lèvres se repliaient autour des testicules comme des volets d’acier.
  La Bête était énorme, sa gueule simiesque et dentue s’avança vers le thorax du blanc. Le cadre s’agita, petite proie emprisonnée par son lambeau de phallus, cerise retenue par sa queue entre les doigts d’un ogre. La mitraille chimique 10 bars fouetta la carapace du monstre, s’incrustant ou ricochant sur ses plaques de cuir.
  Ils semblaient être un centaure bicéphale qui s’auto-mutilait, s’entre-dévorait.
Quand il comprit que plus rien n’était possible, Warlock appuya en un geste désespéré sur le bouton d’une protonique...”

Keller était fasciné par ce texte au vocabulaire complexe issu du cerveau pervers et raciste d’un cadre sup-sup et d’un logiciel auto-rédactif. Fantasmes et vérités s’entremêlaient jusqu’au malaise...
  Le regard rivé sur le micro-écran elliptique, Franz n’entendit que trop tard le bruit électronique de sa serrure. Il fit un bond en arrière et se figea. La porte s’ouvrit. Un homme entra en coup de vent et s’arrêta net en le toisant tranquillement, parfaitement maître de lui.

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